
La conformité ne se répond pas par un oui ou un non
The PM Architect6 min de lectureConcepts
Conformité est le mot qui fait tourner la page à beaucoup de monde. Cela sonne comme un classeur, une signature et quelqu’un du service juridique. Dans le programme c’est une tâche de sept habilitants à l’intérieur du domaine qui a le plus grandi, et le septième change la façon dont il faut lire les six autres.
Ce que le programme entend par conformité
Dans le programme de juillet 2026, le domaine Environnement d’affaires pèse 26 pour cent, le saut que nous avons raconté en entier dans le billet sur Business Environment. Sa deuxième tâche s’appelle planifier et gérer la conformité du projet.
Le premier habilitant apporte sa propre liste d’exemples, et elle mérite d’être lue parce qu’elle déstabilise. Confirmer les exigences de conformité du projet, et entre parenthèses le programme nomme la sécurité, la santé et la sécurité au travail, la durabilité et la conformité réglementaire.
Autrement dit, la conformité n’est pas que la loi. C’est tout ce que le projet doit respecter parce que quelqu’un l’exige, que cela vienne d’un régulateur, d’un contrat, d’une politique interne ou d’un engagement environnemental. C’est pour cela que la durabilité entre par ici et non par la porte que presque tout le monde cherche, ce que nous avions déjà démonté dans le billet sur la durabilité.
Les sept habilitants sont ceux du programme officiel du PMP, édition de juillet 2026, traduits de l’original en anglais.
Classer n’est pas archiver
Le deuxième habilitant demande de classer les catégories de conformité, et cela sonne comme une formalité jusqu’à ce qu’on se demande à quoi cela sert.
Cela sert parce que toutes les exigences ne se traitent pas de la même façon. Une qui vient d’un régulateur pouvant sanctionner ne se négocie ni ne se reporte. Une qui vient d’une politique interne peut avoir une dérogation documentée. Une qui vient d’un engagement contractuel se discute avec l’autre partie. Classer, c’est décider d’avance lequel de ces trois mondes s’applique, pour ne pas improviser cette conversation le jour où le conflit arrive.
Les exemples concrets de normes dépendent de votre secteur et de votre pays, et le programme n’en nomme aucun. Cette omission est délibérée et c’est un indice, parce que l’examen ne va pas vous interroger sur une norme. Il va vous demander ce que vous en faites.
Des menaces pour la conformité, pas pour le projet
Le troisième dit déterminer les menaces potentielles pour la conformité. Regardez le complément de cette phrase, car ce n’est pas la même chose qu’une menace pour le projet.
Un fournisseur en retard menace votre échéancier. Un fournisseur en retard qui vous pousse à sauter une inspection menace votre conformité. C’est le même fait vu de deux endroits, et le programme vous demande de regarder depuis le second aussi. La moitié des questions sur ce sujet vit exactement là, dans le fait de reconnaître que le risque décrit a une face conformité que l’énoncé ne nomme pas.
Les conséquences s’analysent avant de décider
Le cinquième habilitant est analyser les conséquences du non-respect et le sixième est déterminer l’approche et les actions nécessaires. Dans cet ordre, et pas l’inverse.
C’est le même schéma qui revient dans presque toutes les tâches du programme. D’abord vous comprenez la taille de ce qui est en jeu, ensuite vous choisissez quoi faire. Une option qui vous met à agir sans avoir dimensionné la conséquence est celle que l’on écarte, aussi diligente qu’elle paraisse.
Et ce dimensionnement est ce qui justifie une approche différente sur chaque projet, ce dont nous parlons précisément dans le billet sur le tailoring. Deux projets avec la même exigence peuvent mériter des efforts de conformité très différents selon ce que coûte l’échec.
Mesurer le degré, pas le oui ou le non
Le septième habilitant est celui qui vaut l’article. Il dit mesurer dans quelle mesure le projet est conforme.
Lisez-le lentement, parce que la plupart des gens traitent la conformité comme un interrupteur. On est conforme ou on ne l’est pas. Le programme ne le pose pas ainsi. Il pose une mesure continue, avec un degré qui peut monter et descendre, et cela entraîne deux conséquences inconfortables.
La première, c’est qu’il vous faut quelque chose pour mesurer, c’est-à-dire une définition de la conformité assez concrète pour donner un chiffre ou un état. La seconde, c’est qu’il faut la mesurer plus d’une fois. Une conformité vérifiée au départ et jamais plus n’est pas de la conformité, c’est un souvenir.
Voilà pourquoi le schéma revient en arrière. Quand la mesure dit que le degré a baissé, vous ne repartez pas de zéro, vous reculez vers l’analyse de la conséquence et le choix de l’approche, les deux habilitants que vous aviez déjà.
À quoi cela ressemble dans une question
L’énoncé décrit un projet qui avance bien et un audit interne qui découvre qu’une exigence n’est plus respectée depuis deux mois. Les options proposent d’arrêter les travaux, d’informer le commanditaire, de documenter l’écart, ou d’analyser l’impact du non-respect et de définir les actions.
La dernière est celle du programme, et c’est la moins spectaculaire des quatre. Arrêter et informer peuvent faire partie des actions, mais ce sont des actions choisies, pas l’étape qui vient. Ce qui vient, c’est dimensionner.
La conformité n’est pas le classeur que quelqu’un signe à la fin. C’est une grandeur qui se mesure pendant que le projet avance, et le jour où quelqu’un demandera à quel point votre projet est conforme, la bonne réponse ne sera jamais oui.
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