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Du PMP au PMI-CPMAI, ce qui change quand le projet est en IA
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Du PMP au PMI-CPMAI, ce qui change quand le projet est en IA

The PM Architect7 min de lectureCandidature

Le 16 octobre le PMI a mis en ligne sur son blog un entretien avec un gestionnaire de programmes titulaire du PMP qui a ensuite obtenu la PMI-CPMAI. Presque tout ce qui suit en vient, parce qu’il fait partie des rares personnes qui peuvent comparer les deux de l’intérieur.

Le problème qu’il décrit, tout le monde le reconnaît. Vous avez le PMP et du jour au lendemain le travail qu’on vous confie amène l’intelligence artificielle dans l’énoncé. Ce n’est pas un projet logiciel avec un modèle dedans, c’est un projet où personne ne sait encore si la chose va fonctionner, et cela déstabilise qui a appris à planifier avec le périmètre fermé avant de commencer. Le PMI a une certification pour ce creux et elle s’appelle PMI-CPMAI.

Commençons par ce que dit sa propre page

La page officielle la présente comme un ensemble qui comprend la certification et un cours de préparation. L’examen compte 120 questions et dure 160 minutes, et l’en-tête de la page indique qu’aucune expérience préalable n’est exigée, ce qui est une grande différence avec les années d’expérience que le PMP demande bel et bien. Pour la maintenir il faut 30 unités de développement professionnel tous les trois ans, et le cours comme l’examen sont disponibles en français, parmi d’autres langues.

Le cours dure 21 heures et donne 21 PDU, réparties en 7 de Business Acumen, 11 de Ways of Working et 3 de Power Skills. Si vous avez déjà le PMP, la page elle-même indique que ces 21 PDU couvrent plus d’un tiers de celles qu’il vous faut pour le renouveler, et cela change le calcul, parce que le temps sort du budget d’étude que vous aviez déjà engagé.

La page ne publie pas le prix, et vous ne le trouverez pas ici non plus.

Ce qu’a raconté le gestionnaire de programmes

Cela vaut la lecture parce qu’il ne vend pas la certification avec des adjectifs, il l’explique par la différence qu’il a rencontrée au travail.

La phrase qui résume le mieux la relation est de lui. Le PMP fournit une base large de livraison de projets, et la PMI-CPMAI adapte et étend cette base à la nature itérative et fondée sur les données des initiatives en IA. Les creux qu’il nomme sont au nombre de trois, la préparation des données, le fait de ne pas savoir si un modèle tient la route avant de l’essayer, et l’obligation de construire en itérant.

Il y a aussi une phrase qui dérange ceux qui ont appris le PMP par cœur. Elle dit qu’il est permis de revenir en arrière dans le processus et que vous n’avez pas à passer à l’étape suivante juste parce que le PMP l’a dit. Ce n’est pas une critique du PMP, c’est un avertissement, le réflexe d’avancer dans l’ordre joue contre vous quand le résultat n’est pas encore connu. Voilà la question de fond. Combien de ce que vous savez déjà faire tient encore quand vous ne pouvez pas promettre le résultat ?

Les six phases et là où le PMP vous a déjà fait la moitié du chemin

Les six phases de la méthodologie du PMI-CPMAI en séquence, avec une marque sur les quatre qui s'appuient sur quelque chose que le PMP vous demande déjàIAjuster l'IA au besoin métierIIIdentifier les besoins en donnéesIIIGérer la préparation des donnéesIVItérer le développement et la livraisonVTester et évaluer le système d'IAVIMettre l'IA en exploitationS'appuie sur quelque chose que le PMP vous demande déjàLes deux phases sans marque sont celles des données, et c'est le terrain nouveau.

Les noms des six phases sont ceux de la méthodologie publiée par le PMI sur la page du PMI-CPMAI, traduits de l’original en anglais. La marque de droite est notre lecture, elle ne vient pas de la source.

La première phase demande d’ajuster la solution d’IA à un besoin métier réel, d’évaluer sa faisabilité, de définir le retour et de fixer le périmètre. Vous reconnaissez cela, c’est l’analyse de rentabilité et le périmètre de toujours. La quatrième demande d’itérer le développement et la livraison, et le référentiel d’examen du PMP vous demande déjà de recommander une approche prédictive, adaptative ou hybride. La cinquième demande de tester et d’évaluer, ce qui est la qualité sous un autre nom. La sixième demande de mettre le système en exploitation, et là le référentiel du PMP vous demande déjà de valider que la transition vers les opérations est prête.

Les deux phases sans marque sont la deuxième et la troisième, identifier les besoins en données et gérer leur préparation. Voyez cela comme un semis. Vous pouvez être impeccable avec la charrue et avec le calendrier, et si la semence est mauvaise il n’y a pas de récolte. Ce terrain, le PMP ne le couvre pas, et non par négligence, mais parce que dans un projet ordinaire les données sont un intrant de plus alors qu’ici elles sont le projet.

Les données cessent d’être un livrable

Le gestionnaire de programmes le dit d’une manière qui reste. Dans les projets de toujours les données sont un livrable. Dans ceux d’IA les données sont le sang du projet, et comprendre d’où elles viennent et pourquoi elles valent quelque chose devient une partie du travail du chef de projet, pas quelque chose que l’on délègue à l’équipe technique.

Pensez au dernier projet avec des modèles qui est passé près de vous. Qui a décidé que les données étaient prêtes, et sur quel critère ?

Regardez aussi la façon dont vous décidez qu’un projet est terminé. Avec le PMP le jalon est la livraison et la clôture suit. Avec un modèle en production la livraison ne clôt rien, parce que le modèle se dégrade et quelqu’un devra en répondre dans six mois. Qui prend la charge une fois que le commanditaire d’origine a changé de poste, voilà la question que l’article du blog laisse en suspens.

Revenons à votre cas, quand cela a du sens et quand cela n’en a pas

Cela a du sens si vous êtes déjà engagé dans des initiatives d’IA et que vous apprenez les décisions au lieu d’y participer, et cela a du sens si votre renouvellement du PMP approche, parce que les PDU du cours comptent pareil.

Cela n’a pas de sens comme raccourci, parce qu’elle ne remplace pas le PMP et ne le rend pas obsolète, et personne au PMI ne l’a présentée ainsi. Si vous préparez le PMP, terminez cela d’abord, c’est la base sur laquelle l’autre s’appuie. Et si on vous la vend comme obligatoire pour continuer à travailler, méfiez-vous, parce que la source officielle la présente comme une spécialisation et non comme une exigence.

Pour la situer sur la carte de ce que le PMI sort en ce moment, il y a ce que nous avons déjà raconté sur son standard d’intelligence artificielle, la certification avancée annoncée et le chemin vers le PMO, qui est l’autre bifurcation classique après le PMP.

Le plus difficile dans cette certification n’est pas ce qu’elle ajoute, c’est ce qu’elle vous demande de lâcher. L’habitude de promettre le résultat avant de l’avoir vu. Désapprendre cela coûte plus cher que d’apprendre le reste.

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